autour du Monde. 113
doublé les deux pointes & beaucoup d’autres, partiesdu dedans de la baie, s’avancèrent au vaiffeau ; deforte que je ne doutai point qu’elles n’euiTent le pro-jet de tenter les hafards d’une fécondé attaque. Com-me je penfai que le combat feroic moins meur-trier fi j’en diminuo'i.? la durée , je me déterminai àrendre cette aélion décifive , & à mettre fin par-là à toutes les hoftilités. J’ordonnai donc à nos gensqui étoient tous à leur pofte de faire feu d’abord furles pirogues qui étoient en grouppes. Mon ordre futfi bien exécuté que celles qui étoient à l’Oueft, rega-gnèrent le rivage aufli promptement qu’il leur fut pof-fible ; tandis que celles qui venoient du côté de l’Eft,côtoyant le récif, furent bientôt hors de la portée denotre canon. Je fis diriger alors le feu fur différentesparties du bois , ce qui en fit fortir beaucoup d’in-diens qui coururent à la colline où les femmes & lesenfans s’étoient placés pour voir le combat. La col-line fe trouvoit alors couverte de plufieurs milliers deperfonnes, qui fe croyoient parfaitement en fûreté ;mais pour les convaincre du contraire, & dans l’efpé-rance que quand ils auroient éprouvé que nos armesportoient beaucoup plus loin qu’ils ne l’auroient crupoflible ; je fis tirer vers eux quatre coups rafants :deux portèrent près d’un arbre , au pied duquel il yavoit beaucoup d’indiens raffemblés. Ils furent frap-pés de terreur & de confternation , de forte qu’enmoins de deux minutes ils difparurent entièrement.Après avoir ainfi nettoyé la côte, j’armai mes bateaux& j’envoyai tous les Charpentiers avec leurs haches,efcortés d’une forte garde, pour détruire toutes les piro-Tomc II. P