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Voyage
rivage. Je regardai à l’endroit où l’on faifoit de l’eau,ANN.1767. & j e v j s au travers d es bluffons un grand nombreUin ' d’indiens qui fe gliffoient derrière. J’en vis aufïi plu-
lieurs milliers dans les bois fe preffant vers le lieu del’Aiguade, & des pirogues qui doubloient avec beau-coup de vîtefle l’autre pointe de la baie à l’Eft. Allar-mé de ces mouvemens , je dépêchai un bateau pourinftruire l’Officier, qui étoit à terre, de ce que j’avoisvû , & pour lui donner ordre de revenir fur le champà bord avec fes gens en laiffant , s’il le falloit , fes* pièces d’eau à terre II avoit lui-même apperçu le dan-
ger, & s’étoit embarqué avant que les bateaux fuffencarrivés près de lui. En voyant que les Indiens fe glif-foient vers lui, par derrière le bois, il leur envoya tout-de-fuite le vieil indien, s’efforçant de leur faire entendrequ’ils fe tinffent éloignés, & qu’il ne vouioit que pren-dre de l’eau. Dès qu’ils fe virent découverts , ils pouf-serent des cris & s’avancèrent avec promptitude. L’Of-ficier rentra dans fes bateaux avec fes gens , & lesIndiens ayant paffé la rivière s’emparèrent des piècesd’eau avec de grandes démonflrations de joie. Cepen-dant les pirogues longeoient le rivage avec beaucoupde célérité; tous les habitans les fuivoient fur la côte,excepté une multitude de femmes & d’enfans qui feplacèrent fur une colline d’où l’on découvroit Ja baie.Dès que les pirogues , venant des deux pointes de labaie , fe trouvèrent plus voifines de l’endroit où étoitmouillé le vaiffeau, elles fe rapprochèrent du rivage,pour embarquer encore d’autres Indiens qui portoiencavec eux de grands facs que nous reconnûmes enfuiteêtre remplis de pierres. Toutes les pirogues, qui avoient
doublé