autour du Monde. iii
mais il ne voulut rien accepter , & bientôt après ilretourna au rivage.
Ann. 1767.Juin.
L a nuit furvint & fut obfcure ; nous entendîmes lebruit de plufieurs tambours , de conques & d’autresinftrumens h. vent, & nous vîmes beaucoup de lumiè-res tout le long de la côte. Le 2 6 , a fix heures du matin,je ne vis paroître aucun habitant fur le rivage; j’ob-fervai que le pavillon avoit été enlevé : fans doutequ’ils avoient appris à le méprifer, comme les gre-nouilles de la Fable leur roi Soliveau. J’ordonnai auLieutenant d’aller à terre avec une-garde, &, fi toutétoit tranquille , de nous le faire fiçavoir , afin quenous puflions commencer à faire de l’eau. Peu detems après nous eûmes le plaifir de voir qu’il envoyoitpour avoir des pièces d’eau, & ,à huit heures du ma-tin, nous avions quatre tonnes à bord. Pendant quenos gens étoient occupés de ce travail, plufieurs In-diens fe montrèrent du côté oppofé de la rivière, avecle vieillard que l’Officier avoit vû le jour précé-dent , & qui bientôt après paffa la rivière , apportantavec lui des fruits & quelques volailles qui furentauffi envoyées au vaiffeau. A ce moment , j’étois fifoible par l’indifpofition dont je fouffrois depuis prèsde quinze jours , que je pouvois à peine me traîner.Je me fervis de ma lunette pour obferver ce qui fepaffioit à terre. Sur les huit heures & demie, j’apperçusune multitude d’habitans defcendant une colline , àenviron un mille de nous, & en même-tems un grandnombre de pirogues faifant le tour de la pointe dela baie du côté de l’Oueft , & ne s’écartant pas du