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Voyage
vieillard recouvra un peu Tes efprits durant cette con-^ N Juia 766 ‘ ver ^ ac ' on p antom i me J & Furneaux , pour confir-mer les témoignages d’amitié qu’il lui avoit donnés ,lui fit préfent d’une hache, de quelques clous, de grainsde verre & d’autres bagatelles ; après quoi il fe rembar-qua & laifîa le pavillon flottant. Auflitôt que les ba-teaux furent éloignés , l’Indien vint au pavillon &danfa. autour pendant un affez long tems , enfuite ilfe retira ; mais il revint bientôt après avec quelquesbranches d’arbres vertes qu’il jetta h terre , & fe re-tira une fécondé fois ; nous le vîmes reparoître peude tems enfuite avec une douzaine d’habitans. Tous femirent dans une pofture fuppliante, & s'approchèrentdu pavillon à pas lents ; mais le vent étant venu à l’a-giter, lorfqu’ils en étoient tout proches , ils fe retirè-rent avec la plus grande précipitation. Ils fe tinrentun peu de tems à quelque diftance , occupés à le re-garder ; ils s’en allèrent enfuite & rapportèrent deuxgrands cochons qu’ils placèrent au pied du bâton depavillon , Sc enfin prenant courage ils fe mirent àdanfer. Après cette cérémonie , ils portèrent les co-chons au rivage, lancèrent une pirogue & les mirentdedans. Le vieillard qui avoit une grande barbe blan-che , s’embarqua feul avec eux & les amena au vaif-feau. Quand il fut près de nous , il fit un difcours fui-vi, & prit dans fes mains plufieurs feuilles de bana-nier, une à une, qu’il nous préfenta en proférant pourchacune k mefure qu’il nous les donnoit, quelquesmots d’un ton de voix impofant & grave. Il nous re-mit enfuite les deux cochons en nous montrant laterre ; je me difpofois à lui faire quelques préfens ;