autour du Monde. 109
ccs détails , j’envoyai de nouveau M. Furneaux avectous les bateaux armés & garnis d’hommes , parmilefquels je mis des foldats de marine , avec ordre dedefcendre à terre vis-à-vis de l’endroit où le vaiffeauétoit à l’ancre, & de s’établir fûrement dans le meil-leur terrein qu’il trouveroit à portée d’être protégé parles bateaux & le vaiffeau. A deux heures, les bateauxdébarquèrent fans oppofition, & M. Furneaux plantaun bâton de pavillon , arracha une motte de gafon &prit poffefîion de l’Hle au nom de Sa Majefté, en l’hon-neur de laquelle elle reçut le nom de Yljle du RoiGeorge III. Il alla enfuite à la rivière, goûta de l’eauqu’il trouva excellente, & en fit boire à tous fes gensavec du rum , à la fanté de Sa Majefté. Tandis qu’ilséroient à la rivière , large d’environ douze verges &guéable, il vit de l’autre côté deux hommes âgés qui,appercevant qu’ils étoient découverts , fe mirent enpofture de fuppliants , & parurent effrayés & con-fondus. M. Furneaux leur fit ligne de palier la rivière,l’un d’eux s’y détermina. Lorfqu’il fut du côté de nosgens, il s’avança rampant fur fes mains & fur fes ge-noux ; mais M. Furneaux le releva ; & , tandis qu’ilétoit encore tout tremblant, lui montra quelques-unesdes pierres qui avoient été jettées dans notre vaiffeau ,& s’efforça de lui faire entendre que , fi les habitansn’entreprenoient plus rien contre nous , nous ne leurferions point de mal. Il ordonna qu’on remplît deuxtonneaux d’eau pour montrer aux Indiens que nousen avions befoin, & il leur fit voir quelques haches &d’autres chofes, pour tâcher de leur faire comprendrequ’il défiroit d’avoir d’eux quelques provifions. Le
Ann. 1767.Juin.