autour du Monde. ïo/
ceux qui fe difpofoient encore k venir fur nous ; auf-fitôc que je vis la retraite de quelques-uns de nos en-nemis & la tranquillité du refte , je fis cefier le feu ,efpérant qu’ils feroient allez convaincus de notre fu-périorité pour ne pas renouveller leur attaque. En celacependant je fus malheureufement trompé ; une grandepartie des pirogues qui avoient été difperfées fe raf-ïemblèrent de nouveau ; elles demeurèrent quelque-temsfur leurs rames , regardant le vaifleau de la diftanced’environ un quart de mille, & alors élevant foudai-nement des pavillons blancs , elles s’avancèrent ducôté de la poupe de notre bâtiment , & recommen-cèrent de fort loin à jetter des pierres avec beau-coup de force & d’adreffe par le moyen de leursfrondes. Chaque pierre pefoit environ deux livres, &plufieurs blefsèrent nos gens qui en auroient fouffertdavantage , fans une toile étendue fur le tillac pournous défendre des ardeurs du foleil, & fans le baftingagede nos hamacs. Pendant ce tems plufieurs pirogues ,garnies de beaucoup d’hommes , fe portoient vers l’a-vant du vaifleau, ayant probablement remarqué qu'onn’avoit point tiré de cette partie du navire. J y fistranfporter quelques pièces fur le champ pour les fairetirer, en même-tems que deux autres tireroient deî’arrière fur les pirogues qui nous attaquoient par-là.Parmi les pirogues qui en vouloient à notre avant, ily en avoit une où paroifloit être quelque chef d’in-diens : car c’étoit de cette pirogue qu’étoit venu le lignaiqui les avoit raflemblés. Il arriva qu’un boulet d’uncanon de l’avant fut tiré fi jufte qu’il fépara la doublepirogue en deux. Dès que les autres s’appercurent de cet
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Ann. 1767.Juin.