ïo 6 Voyage
f]g ne qu’il défiroit venir aux côtés du vailfeau ; j’yAnn. 1767. confentis tout-de-luite , & quand il fut près de monJuin * bord, il donna à un de nos gens une aigrette de plu-mes rouges & jaunes, lui faifant ligne qu’il me la re-mît. Je la reçus avec des expreflions d’amitié , & jepris fur le champ quelques bagatelles pour les lui of-frir en retour ; mais à mon grand étonnement il s’é-toit déjà éloigné un peu du vailfeau, &, au ligne qu’ilfit en jettant une branche de cocotier qu’il tenoit à lamain, il s’éleva de toutes les pirogues un cri général.Les Indiens s’avancèrent tous à la fois fur nous , &nous lancèrent une grêle de pierres par tous les côtés;c’étoit là une attaque dans laquelle nos armes feulespouvoient nous donner la fupériorité fur la multitudequi nous alfaiiloit, d’autant plus qu’une grande partie del'équipage étoit malade & foible. J’ordonnai donc defaire feu ; je fis tirer aufli de très-près deux pièces dugaillard , que j’avois fait charger à mitraille; la dé-charge mit quelque défordre parmi les Indiens ; cepen-dant quelques minutes après ils recommencèrent leurattaque. Tous ceux de nos gens qui étoient en état devenir fur le pont, prirent alors leur polie : je fis tirermes grolfes pièces, & j’en fis jouer conftamment quel-ques-unes fur l’endroit du rivage où je voyois un grandnombre de pirogues occupées à embarquer des hom-mes , & venant au vailfeau à toutes rames. Quandnos groffes pièces commencèrent à tirer, il n’y avoitpas moins de 300 pirogues autour du vailfeau , por-tant au moins deux mille hommes ; & de nouvellespirogues arrivoient de tous les côtés. Le feu écartabientôt ceux qui étoient près du vailfeau , & arrêta