autour du Monde. ioy
& deux Officiers de poupe d’acheter d’eux ces provi-fions pour des coûteaux, des clous, des grains de verre& d’autres quincailleries, en défendant en même-temstout commerce avec les Indiens à toute autre perfon-ne du bord. A huit heures , le nombre des piroguesfe trouva confidérablement augmenté , & celles quivinrent les dernières étoient doubles, très-grandes,ayant chacune douze ou quinze hommes forts & vi-goureux. Je remarquai avec quelque inquiétude qu’el-les étoient préparées bien plus pour la guerre quepour le commerce , n’ayant prefque rien autre chofeà leur bord que des cailloux ronds. Comme j’étoisencore très-mal, j’appeliai M. Furneaux , mon pre-mier Lieutenant , & je lui ordonnai de tenir le qua-trième quart toujours fous les armes , tandis que lerefte de l’équipage étoit occupé à remorquer le vaif-feau. Cependant il venoit continuellement de la côteun plus grand nombre de pirogues , chargées d’unemarchandée que les autres ne nous avoient pas juf-qu’alors apportée; je veux dire d’un nombre de fem-mes rangées fur une file, & qui, arrivées près du vaif-feau , offrirent à nos yeux toutes les poftures lafcivesqu’on peut imaginer. Pendant que ces dames met-toient tous leurs charmes en œuvre , les grandespirogues qui étoient chargées de pierres s’avancèrentautour du vaifleau , & k une très-petite diftance ;quelques-uns des Indiens chantant d’une voie rauque,quelques autres fouflant dans des conques marines,&c d autres jouant de la flûte. Peu de tems après unhomme , qui étoit couché fur une efpèce de canapéplacé fur une de ces grandes doubles pirogues , fitTome, IL O
Ann. 1767.Juin.
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