g. rar a
Ann. 1767.Juin.
104 Voyage
tôt que le vaifl'eau fut hors de danger, j’envoyai le Maîtreavec tous les bateaux garnis de monde & armés, pourfonder le haut de la baie , afin que s’il y trouvoit unbon ancrage nous publions touer le vaiflèau en-dedansdu récif & mouiller en toute fureté. Le tems étoit fortbeau; un grand nombre de pirogues étoient fur le ré-cif, & le rivage étoit garni d’indiens.
Le 23 , vers les quatre heures de l’après-midi, le Maîtrerevint ôc me rapporta qu’il y avoit par-tout bon mouil-lage. Je me déterminai donc à faire touer le vaiflèaudans la baie dès le matin, & en même-tems je'parta-geai mon moiide en quatre quarts, l’un defquels devoirtoujours être fous les armes, tous les canons chargés ôcamorcés, ôc toutes les armes en état dans les bateaux.J’ordonnai en même-tems à tous ceux qui ne feroienCpas aêtueilement de garde , de fe rendre à des poliesaflignés. Au moment où je faifois ces difpofitions, nousvoyions un grand nombre de pirogues, dont quelques-unes étoient très-grandes & garnies de beaucoup d’hom-mes , voguant près du rivage ; ôc plufieurs autresplus petites fe hafardant h venir jufqu’au vaifl'eau avecdes cochons, des volailles ôc des fruits que nous ache-tâmes d’eux à la fatisfaéfion mutuelle des deux par-ties ; au coucher du foleil, toutes ces pirogues retour-nèrent au rivage.
Le 24 , à flx heures du matin , nous commençâ-mes à touer notre vaifl'eau dans la baie , ôc bientôtaprès un grand nombre de pirogues vinrent lous notrepoupe : comme je vis qu’elles avoient des cochons ,çle la volaille & des fruits ; je chargeai le Canonnier
ôc