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qu’au-delà il y avoit un fore bon mouillage. Le Maî-tre, après avoir placé un bateau à l’extrémité du ré-cif, & garni la chaloupe d’ancres & de hanfières àtouer, 6c d'une garde pour la défendre de la part desIndiens, vint à bord & pilota le vaiffeau autour durécif jufques dans le havre, où fur le midi il fut àl’ancre , à dix-pieds d’eau fur un beau fond de fablenoir.
U n examen ultérieur nous fit connoître que l’en-*droit où le vaiffeau avoit touché, étoit une bande derochers de corail recouverts de plus ou moins d’eau ,depuis 6 brades jufqu’h 2 , & qui malheureufementfe trouva entre les deux bateaux qui nous guidoient,6c dont l’un , celui qui étoit au vent , avoit 12 braf-fes , & celui fous le vent y. Le vent fraîchit prefquetout de fuite après que nous fumes en fureté, & quoi-que il tomba allé/ promptement , la vague étoit fihaute 6c brifoit avec tant de violence fur le rocher ,que fi le vaiffeau fût demeuré engagé une demie-heu-re de plus, il eût infailliblement été mis en pièces. Enexaminant la quille, nous ne pûmes y reconnoîtred’autre dommage , fi ce n’efl: qu’un morceau du basdu gouvernail le trouva emporté. Le vaiffeau ne nousparut faire eau par aucun endroit , mais les barresde hune, à la tête de tous les mâts, étoient rompuestout ras ; ce que nous fuppofâmes être arrivé quandle vaiffeau battoit contre le rocher. Nos bateaux per-dirent leurs grappins fur le récif; mais, comme nousavions lieu de croire que le vaiffeau étoit fâin & fauf,cette perte ne nous chagrina que médiocrement. Auffi-
Ann. 1767.Juin.