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Voyage.
f e in de jetter l’ancre ; mais lorfque nous fumes pro-Ann. 1767. c ] ie j es bateaux , notre vaifTeau toucha. L’avant de-meura engagé, mais l’arrière etoit libre. En jettant lafonde, nous trouvâmes fur le récif de i ~ à 17 braffesde profondeur ; nous carguâmes toutes nos voiles auflipromptement qu’il nous fut pofîible, & nous allégeâmesle vaifTeau de tout ce qu’il y avoit de plus pelant furle pont. Nous mîmes en même-tems notre chaloupedehors avec notre ancre de toiie , notre petite ancre& fon cable, & une hanfiere, dans le deffein de lesporter au-dehors du récif, afin que, quand les ancresauroient pris fonds, nous puffions nous touer fur ellesen forçant fur le cabeftan, mais malheureufement, endehors de la chaîne de rochers , il n’y avoit pas defond. Notre état devînt alors très-allarmant , le vaif-feau continuoit de battre contre le roc avec une grandeviolence , 6c nous étions environnés de plufieurscentaines de pirogues remplies d’indiens. Ils ne ten-tèrent cependant pas de nous aborder ; mais ils pa-roiffoient attendre notre naufrage prochain. Nousdemeurâmes près d’une heure dans cette terrible fitua-tion , fans pouvoir rien faire pour nous en tirer, fice n’eft de défoncer quelques tonneaux , mais unebrife fe levant heureufement de terre , l’avant de notrenavire le détacha. Nous l’aidâmes tout de fuite detoutes nos voiles fur quoi il commença à fe mouvoir,& fut bientôt en pleine eau.
Nous prîmes tout-de-fuite le large, & les bateauxayant été envoyés fous le vent, trouvèrent que le ré-cif s’étendoit à l’Oueft environ un mille & demi , 6c