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Ann. 1767.Juin.
Voyage
pour fe payer de leur peine , ils avoient jugé à proposde retenir toutes les autres. Nos gens qui ne vouloientpas quitter leur bateau , usèrent de tous les moyenspoflibles pour engager les Indiens à les leur rendre ;tout fut inutile ; les Indiens, de leur côté, prefsèrentfortement nos gens de defcendre à terre , invitation àlaquelle ils jugèrent qu’il n’étoit pas prudent de fe ren-dre. Il y avoit plulieurs milliers d’Habitans de l’un &l’autre fexe & un grand nombre d’enfans fur le rivage,lorfque nos bateaux s’en éloignèrent.
Le 12 au matin, je renvoyai les bateaux pourfaire de l’eau , avec une provilion de clous , dehaches & d’autres chofes femblables que je crus lesplus propres à nous gagner l’amitié des Indiens. Enmême-tems un grand nombre de pirogues vint au vaif-feau avec du fruit-à-pain (a) , des bananes , un fruitreffemblant à la pomme, mais un peu meilleur , de lavolaille & des cochons, que nous achetâmes avec desverroteries, des clous , des couteaux & autres articlesde ce genre , de forte que nous eûmes allez de porcpour en donner à tout l’équipage pendant deux jours,à une livre par homme.
Les bateaux en revenant ne nous apportèrent quequelques calebaffes pleines d’eau. Le nombre des In-diens étoit fi grand fur le rivage que nos gens n’a-voient pas ofé defcendre , quoique les jeunes femmesrépétaflent les invitations preffantes qu’elles avoientemployées le jour précédent, avec d’autres geftes en-
fa) Voyez la defcription de ce fruit dans le Voyage de 1 ’Endeavoun