98 Voyage
g U es fordretit pour venir au vaiiTeau , portant des co-Ann. 1767. c ] lonSj jg } a volaille, & une grande quantité de fruitsque nous achetâmes pour de la quincaillerie & desclous. Mais quand nos chaloupes furent près du rivage,les pirogues , dont plufieurs étoient doubles & très-grandes , firent voile fur elles. D’abord elles fe tinrentà quelque diftance ; mais lorfque nos bateaux appro-chèrent du rivage , les Indiens devinrent plus har-dis , & trois des plus grandes pirogues coururent furle plus petit de nos bateaux , fe préparant en même-tems à l'aflaillir avec leurs bâtons & leurs rames.Nos gens étant ainfi prefles, furent obligés de fairefeu , & tuèrent un Indien & en blefsèrent griève-ment un autre. En recevant le coup ils tombèrenttous les deux dans la mer , & le refie de ceux quiétoient dans la même pirogue s’y jettèrent à linf-tant après eux. Les deux autres pirogues prirent lafuite , & nos bateaux revinrent fans éprouver aucunautre obflacle. Dès que les Indiens qui s’étoient jettésh l’eau, virent que nos bateaux demeuroient en placefans chercher à leur faire aucun mal , ils rentrèrentdans leur pirogue & y reprirent leurs compagnonsbleffés. Ils les drefsèrent l’un & l’autre fur leurs piedspour voir s’ils pourroient fe tenir debout, & trouvantqu'ils ne le po ivoient pas , ils eflâyèrent de les fairetenir adis : ils réunirent pour l’un des deux & le fou-tinrent dans cette poflure ; mais voyant que l’autreétoic tout â-fait mort, ils étendirent le corps au fondde la pirogue. Après cela , quelques pirogues retour-nèrent au rivage , & d’autres revinrent de rechef auvaiffeau pour trafiquer , ce qui nous prouva qu’ils