A NV. I767.Juin.
9 S Voyage
fuir à force de rames avec une grande frayeur 6c ungrand délordre. Auffi-tôt que les chaloupes eurentatteint le vaifleau, on les rentra à bord. Pendant qu’onéroit occupé à cette manœuvre , nous vîmes une grandepirogue portant une voile & venant à nous. Comme jepenfai qu’elle pouvoit ramener quelques Chefs ou m’ap-porter quelque me liage de leur part, je me déterminaià l’attendre. Elle marchoit très-bien & fut bientôt prèsde nous ; mais nous n’y vîmes perfonne qui nous parûtavoir quelque autorité fur les autres. Cependant und’entr’eux fe leva , 6c ayant fait un difcours qui duraenviron cinq minutes , jetta fur notre bord une bran-che de bananier , nous regardâmes cette cérémoniecomme un gage de la paix , & nous lui rendîmes lapareille en lui jettant une des branches que nous avoientiaiflees les Indiens qui nous avoient rendu vilite. Aveccela & quelques colifichets que nous leur préfentâmes,il nous parut que nous les avions fort fatisfaits, & peude tems après ils fe retirèrent»
Les Officiers qui avoient été avec les chaloupes,m’informèrent qu’ils avoient fondé tout près du récif,& trouvé une aulli grande profondeur d’eau que dansles autres illes ; cependant comme j’étois au vent delifle , j’avois lieu d’efpérer que je trouverois à jetterl’ancre en courant fous le vent. Je pris donc ce parti ;mais trouvant des brifans qui fe prolongeoient à unegrande diftance de l’extrémité Sud de J’ifle , je ferraile vent & je continuai la même manœuvre toute la nuitpour pouvoir gagner l’Lft de l’ifle.
Le ao,à cinq heures du matin nous fîmes voile ,1a terre
nous