autour du Monde. 89
vîmes une lumière fur le rivage ; ce qui nous prouvaque l’ifle , quoique très-petite, étoit habitée, & nousfit efpérer que nous pourrions trouver quelque mouil-lage dans les environs. Nous remarquâmes avec grandplaifir que la terre étoit fort haute & couverte de coco-tiers , ligne infaillible qu’il s’y trouvoit de l’eau.
Le lendemain au matin , j’envoyai à terre le Lieu-tenant Furneaux , avec les bateaux armés & équipés& toute forte de bagatelles , en lui recommandantd’établir un trafic avec les Habitans pour les rafraîchif-femens que l’ifle pourroit fournir. Je lui donnai ordreen même-tems de trouver, s’il étoit poflible, un an-crage pour le vaifl’eau. Tandis que nous mettions nosbateaux dehors, nous vîmes plufieurs pirogues partir durivage ; mais dès que les Indiens qui les montoientvirent nos bateaux voguer vers la côte , ils s’en retour-nèrent. A midi, les bateaux revinrent, rapportant uncochon ôc un coq avec quelques cocos & des bananes.M. Furneaux dit qu’il avoit vu au moins une centained’Habitans, & qu’il croyoit qu’il y en avoit un beaucoupplus grand nombre ; mais qu’il avoit tourné inutile-ment toute l’ifle pour trouver un mouillage, qu’à peineav-ok-il pu découvrir un endroit pour aborder avec lebateau.
Lorsqu’il avoit été près du rivage, il avoit laifletomber un grapin , & avoit jette un cable aux Indiensqui étoient fur la grève, qui le faifirent & le tinrentferme. Il commença alors à converfer avec eux parAgnes, & obferva qu’ils n’avoient point d’armes ; maisque quelques-uns d’entr’eux avoient des bâtons blancs,
Tome IL M
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Ann. 1767.Juin,