çgj.iyr,*jm r
Ann. 1767.Juin.
90 Voyage
qui paroiffoîent être des marques d’autorité , attenduque ceux qui les portoient étoient en avant, tandis quetous les autres reftoient derrière. En échange du cochon& du coq , il leur donna des grains de verre , un mi-roir , une hache , quelques peignes & d’autres baga-telles. Les femmes, qui étoient reliées d’abord à unecertaine diftance , ayant apperçu ces bijoux , accouru-rent en foule fur la grève avec le plus grand empreffe-ment, mais elles furent renvoyées fur le champ parles hommes, ce dont elles parurent très-mortifiées &très-mécontentes.
Pendant que ces échanges fe faifoient, un Indienpalfa fans être apperçu autour d'un rocher , & plon-geant dans la mer , releva le grapin du bateau ; enmême-tems ceux qui étoient à terre & qui tenoient lecable , firent un effort pour tirer le grapin. Dès quenos gens s’apperçurent de cette manœuvre . ils tirèrentun coup de fufil lur la tête de l'homme qui avoit relevéle grapin , & qui le lâcha auffi-tôt en donnant des mar-ques d’une furprife & d’une frayeur extrême ; les In-diens qui étoient fur le rivage laifsèrent auffi aller lacorde. Les bateaux refilèrent après cela quelque temsdevant la côte ; mais l’Officier voyant qu’il n’y avoitplus rien à faire avec les Indiens , revint à bord.
M Furneaux me dit que les hommes & les femmesqu’il avoit vus étoient vêtus, & il m’apporta une piècede l’étoffe dont ils s’habillent. Les Habitans lui paru-rent plus nombreux que Pille n’en pouvoir nourrir ; &comme il vit plufieurs doubles pirogues très-grandes furla grève , il jugea qu’il devoir y avoir à peu de difiance,