autour du Monde. 37
appelèrent ceux-ci, & leur firent des figues d’amitié;nos matelots leur en firent de leur côté, en leur mon-trant quelques fils de raffade & d’autres bagatelles.La vue de ces objets parut faire beaucoup de plaifiraux Américains, qui poufsèrent des cris de joie ; nosgens imitèrent ces cris ; les Américains s’avancèrentalors, continuant leurs cris avec de grands éclats derire. Les deux troupes s’étant jointes , on fe frappamutuellement dans les mains, & nos gens donnèrentaux Américains plufieurs des bagatelles qu’ils leuravoient montrées de loin. Ces Américains étoient cou-verts de peaux de veaux marins , & exhaloient unehorrible puanteur ; quelques-uns mangeoient de laviande pourrie & du poiffon crud, avec lair d’un ap-pétit très-vif & d’un très-grand plaifir. Ils avoient lemême teint que ceux que nous avions déjà vus , maisils étoient d’une taille beaucoup plus petite ; le plusgrand de Ceux-ci n’avoit pas plus de cinq pieds fixpouces. Ils paroilfoient tranfis de froid , & ils fehâtèrent d’allumer de grands feux ; il n’eft pas aifé deconcevoir comment ils peuvent vivre en hiver ; car lafaifon étoit déjà fi dure, qu’il tomboit fréquemmentde la neige. Ils étoient armés d’arcs, avec des flèches& des javelines , dont la pointe étoit de caillou , aiguiféen forme de langue de ferpent ; ils lançoient les unes& les autres avec beaucoup de force & d’adrdfe, nemanquant prefque jamais un but placé à une diftanceaffez confidérable. Lorfqu’ils voulurent allumer du feu,ils frappèrent d’un caillou contre un morceau de mon-die, en tenant an-deffous, pour recevoir les étincelles,un peu de moufle ou de duvet, mêlé avec de la terre
r;iïPJGSÆEBi**&!®SMB
Ann. 1767.Janvier.
-y