autour du Monde. 17
faîfoient figne de leur donner quelque chofe. Lorfquenous leur pariions en anglois, ils répétaient après nousles mêmes mots comme nous aurions pu le faire ; & ilseurent bientôt appris par cœur ces mots : Englishmencorne, on shore. ( Anglois vene^ à terre ).
Chacun avoît à fa ceinture une arme de trait d’unecfpèce fingulière : c’étaient deux pierres rondes , cou-vertes de cuir, & pelant chacune environ une livre,qui étoient attachées aux deux bouts d’une corde d’en-viron huit pieds de long. Ils s’en fervent comme d’unefronde, en tenant une des pierres dans la main & enfaifant tourner l’autre autour de la tête jufqu’à cequ’elle ait acquis une force fuffifante ; alors ils la lan-cent contre l’objet qu’ils veulent atteindre. Ils font IIadroits a manier cette arme, qu’à la diftance de quinzeverges ils peuvent frapper, des deux pierres à la fois,un but qui n’eft pas plus grand qu’un chelin. Ce n’eftcependant pas leur ufage d’en frapper le Guanaque nil’Autruche , quand ils font la chafle de ces animaux;mais ils lancent leur fronde, de manière que la corderencontrant les deux jambes de l’Autruche ou deuxde celles du Guanaque, les enveloppe aulli-tôt par laforce & le mouvement de rotation des pierres , &arrête l’animai , qui devient alors aifément la proiedu Chaffeur.
Tandis que nous étions à terre, nous les vîmesmanger de la chair crue, entr’autres , le ventre d’uneAutruche , fans autre préparation que de le retourneren mettant le dedans en-dehors & de le fecouer.
Tome II. C