332. Voyage
der y cueillirent plufieurs plantes; mais nous ne vîmes^ -/ 7 - d’ailleurs rien qui fût digne de remarque. En entrantdans les bois , nous rencontrâmes jrbis des Naturelsdu pays qui s’enfuirent a 1 inflant. Quelques-uns denos gens en virent un plus grand nombre qui difpa-rurent tous en grande hâte , dès qu’ils s’apperçurentqu'ils étoient découverts. La hardieffe de ces peupleslors de notre premier débarquement , & la terreurdont ils étoient faifis par la fuite en nous voyant, nous• fit penfer que nos armes à feu les avoient fort intimidés.Nous n’avions pas lieu de croire que nous leur eufhonsfait beaucoup de mal par les coups de fufil chargésà petit plomb , que nous fûmes obligés de tirer fur euxquand ils nous attaquèrent en fortant de nos bateaux;mais, en nous obfervant enfuite des endroits où ils fecachèrent, ils en reconnurent probablement les effetsfur les oifeaux qu’ils nous virent tuer. Tupia, qui étoitdevenu un bon tireur, s’écartoit fouvent de nous pourchaffer aux perroquets ; il nous dit avoir rencontré unefois neuf Indiens qui s’enfuirent frappés de crainte &avec beaucoup de defordre, dès qu’ils s’apperçurent qu’illes voyoit.
; Le lendemain ,3 , douze pirogues, qui avoient cha-cune à bord un feul Indien , vinrent à un demi milledu lieu de l’aiguade, où elles relièrent pendant un temsconfidérable. Ces Infulaires étoient occupés à harpon-ner du poifîon , & ils paroiffoient li attentifs à ce qu’ilsfaifoient, ainfi. que les autres que nous avions vus au-paravant , qu’ils ne fembloient pas prendre garde àautre chofe. Il arriva que quelques-uns de nos gens