du Capitaine Cook. 331
deux ou trois de nos matelots , occupés à faire del’eau , fe mirent en tête de marcher à eux; mais voyantque les Indiens ga,rdoient toujours leur pofte, ils fu-rent faifis d’une terreur fubite très-commune aux té-méraires & aux faux braves, & ils firent une prompteretraite. Cette démarche, qui les jettoit dans le dan-ger qu’ils avoient voulu éviter , encouragea les In-diens , & quatre de ceux-ci fe portèrent en avant, &décochèrent leurs javelines fur les fuyards avec tantde vigueur qu’elles allèrent tomber au-delà de nosgens, qui étoient pourtant éloignés de quarante ver-ges. Comme les Indiens ne les pourfuivoient pas, ilsrecouvrèrent leurs efprits & ils s’arrêtèrent pour ra-maflcr les javelines quand ils furent arrivés à l’endroitoù elles étoient tombées ; les Indiens , à leur tour ,commencèrent à fe retirer. J’arrivai précifément dansce moment avec MM. Banks 6t Solander & Tupia;voulant convaincre les Indiens que nous ne les crai-gnions pas & que nous ne voulions leur faire aucunmal , nous avançâmes vers eux en leur faifant quel-ques lignes de remontrances & de prières ; mais nousne pûmes pas les perfuader de nous attendre. M. Gorenous dit qu’il en avoit vu au fond de la baie quel-ques-uns qui l’avoient invité de defcendre à terre,ce qu’il avoit très-prudemment refufé de faire.
Le matin du lendemain 2 , il tomba tant de pluieque nous fûmes tous bien aifes de refier à bord. Ce-pendant le tems s’éclaircit l’après-midi , & nousfîmes une aurre excurfion le long de la côte vers leSud. Nous allâmes à terre, 6c MM. Banks ôc Solan-
T t ij
Ann. 1770.Mai.