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3 (1774)
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324
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324 Voyage

grande vivacité. Ils nous lancèrent une pierre, fur quoijordonnai de lâcher un fécond coup de fufil chargéà petit plomb , qui atteignit aux ^afnbes le plus âgéde ces Indiens : il senfuit fur le champ à une des ha-bitations, qui étoit éloignée denviron cent verges. Jef-pérois que notre conteflation étoit finie, & nous noushâtâmes de débarquer. Nous étions à peine fortis dubateau , que le bleffé revint , & nous nous apper-çumes quil navoit quitté le rocher quafin dallerchercher une efpèce de bouclier pour fa défenfe. Dèsquil fut de retour, il nous décocha une javeline , &fon camarade en lança une autre ; elles tombèrent aumilieu de nous , mais heureufement elle ne blefsèrentperfonne. Nous tirâmes un troifieme coup de fufilchargé à petit plomb, fur quoi ils jettèrent une autrejaveline , & senfuirent enfuite tous deux. Si nous lesavions pourfuivis, nous en aurions probablement prisun ; mais M. Banks nous fit penfer que les lancespouvoient être empoifonnies, & je ne crus pas quil fûtprudent de nous hafarder dans les bois. Nous allâmesalors dans les huttes, ôc nous trouvâmes les enfans quisétoient cachés derrière un bouclier & des écorces :après les avoir examinés, nous les laifsâmes dans leurretraite fans leur faire appercevoir quils avoient étédécouverts ; & en quittant la maifou nous y mîmesquelque verroteries , des rubans , des morceaux dé-toffe & dautres préfents par lefquels nous efpérionsgagner lamitié de ces habitans, lorfquils reviendroient ;mais nous emportâmes environ cinquante lances quenous y avions trouvées : elles ont de fix à quinze piedsde longueur , avec quatre branches comme celles des