Voyage
™ l es avoit alfourdis , ou que leur attention entièrementAnn. 1770- flxée fur leur pêche , ils ne virent & n’entendirentAvn1 ' rien quand nous pafsâmes. 4 *
Le vailfeau avoit mis a l’ancre vis-à-vis d’un petitvillage compofé de fix à huit maifons. Tandis quenous nous préparions a remonter à bord le bateau ,nous vîmes fortir du bois une vieille femme, fui-vie de trois enfants; elle portoit des fagots à brûler,& chacun des enfants avoit aulfi fa petite charge ;lorfqu’elle s’approcha des maifons, trois autres enfants,plus jeunes que les premiers , vinrent à fa rencontre.Elle regardoit fouvent du côté du vailfeau , mais ellene témoignoit ni crainte ni furprife. Peu de temsaprès, elle alluma du feu, & les quatre pirogues arri-vèrent de la pêche. Les hommes débarquèrent ôc aprèsavoir tiré leurs canots à terre, ils fe mirent à aprêterleur dîner, fans paroître s’embarralfer de nous, quoi-que nous ne fullions éloigés que d’un demi-mille. Nousobfervâmes qu’aucun des habitans que nous avionsvus , ne portoit le moindre vêtement ; la vieille femmen’avoit pas même une feuille de figuier.
APRÈs-nÎNER,jefis équiper les bateaux, & nouspartîmes du vailfeau accompagnés de Tupia. Nousvoulions débarquer dans l’endroit où nous avions ap-perçu des Indiens, & nous commencions à elpérerque puifque ils avoient fait fi peu d’attention à l’en-trée du vailfeau dans la baie , ils n’en feroient pasdavantage à notre arrivée à terre. Nous nous trom-pions ; dès que nous approchâmes des rochers deuxhommes vinrent nous difputer le paflage, & les autres
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