du Capitaine Cook. 311
Les Indiens, qui 11’avoient pas fuivi le bateau , s’ap-percevant que le vaiffeau approchoit nous firent plu-fieurs geftes de ^menace & agitèrent leurs armes ; il yen avoit d’eux, fur-tout, d’une figure finguliere; leursvifages fembloient être couverts d’une poudre blan-che, & leurs corps étoient peints de larges raies de lamême couleur, qui, paffant obliquement fur la poi-trine & fur le dos, avoient la forme des bandoulièresde nos foldats : ils portoient aufîi fur leurs jambes &leurs cuiffes des raies de la même efpèce , qui ref-fembloient à de larges jarretières. Chacun de ces hom-mes tenoit dans fa main l’arme d’environ deux pieds& demi de long , que le maître nous avoit décritecomme un cimeterre. Il nous parut qu’ils parloiencentr’eux avec beaucoup de chaleur.
Ann. 1770.Avril.
Nous continuâmes à porter fur la baie, & l’après-midi nous mîmes à l’ancre par G braffes, au-deffousde la côte méridionale, h environ deux milles en-de-dans de l’entrée, la pointe Sud nous reliant au S. E.& la pointe Nord à l’Eft. En avançant, nous décou~vrîmes fur les deux pointes de la baie quelques hut-tes & plufieurs naturels du pays , hommes, femmes& enfans. Nous vîmes au-deffous de la pointe du Sudquatre petites pirogues, ayant chacune à bord un hom-me qui fembloit fort occupé à harponner du poiffonavec une grande pique ; peu s’en fallut qu’ils ne fehafardaffent à paffer au milieu de la houle , & ilsétoient fi attentifs à leur ouvrage , que , lorfque levaifleau paffa à un quart de mille d’eux, ils tournèrentk peine les yeux. Peut-être que le bruit des vaguesTome III. Sf