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Ann. 1770.Mars.Gouverne-ment.
294 Voyage
Il eft fort à regretter que nous ayions été obligésde quitter la Nouvelle-Zélande , fans rien connoîtrede Tératu que fon nom. Son territoire eft certaine-ment très-étendu , car il étoit reconnu pour Souveraindepuis le Cap Kidnappers , au Nord & à l’Oueft, jufqu’àla Baie d ’Abondance ; cette longueur de la côte com-prend plus de quatre-vingt lieues, & nous ne (avonspas jufqu’où fes domaines pouvoient s’étendre a l’Outft.Les villes fortifiées que nous avons vues dans la Baied ’Abondance étoient peut-être les barrières de fesétats ; d’autant qu’à la Baie de Mercure , les habi-tans n’étoient point fournis à fon autorité ni à celled’aucun autre chef; car par-tout où nous débarquâ-mes, & toutes les fois que nous parlâmes aux habitansde cette côte, ils nous dirent que nous n’étions qu’àpeu de diftance de leurs ennemis.
Nous avons trouvé dans les domaines de Tératuplufieurs chefs fubalternes pour lefquels on avoit beau-coup de refpeû, ôt qui adminiftroient probablement lajuftice. Lorfque nous portâmes des plaintes à l’un deuxfur un vol commis à bord du vaifleau par un habi-tant , il donna au voleur plufieurs coups de pied &de poing que celui-ci reçut comme un châtimentinfligé par une autorité à laquelle il ne devoit pointfaire de réfiftance , & dont il n’avoit pas droit demarquer du refîentiment ; nous n’avons pas pu ap-prendre fi cette autorité fe tranfmettoit par héritageou par nomination , mais nous avons remarqué quedans cette partie de la Nouvelle-Zélande ainfi que