du Capitaine Cook. 2.93
fervent à ceux qui en font les maîtres, que pour ré-primer une attaque fubite ; car comme les défenfeurs Al ^' a * 77 °'de la place n’ont point d’eau , il leur feroit impofliblede foutenir un fiége. Cependant ils y amalTent desquantités confidérables de racines de fougère & depoifîons fecs ; mais ce font probablement des provi-fions de réferve pour les tems de difette qui furvien-nent de tems en tems , comme nos obfervations nelaiffent aucun lieu d’en douter. D’ailleurs , pendantque l’ennemi rôde dans le voifinage , il peut être aiféaux habitans du fort de fe procurer de l’eau fur lepenchant de la colline , au lieu qu’ils ne pourroientpas recueillir de même de la racine de fougère niprendre du poifl'on.
Les peuples de ce canton nous paroiflent fentirtous les avantages de leur fituation , aufli avoient-ils l’air de vivre dans la plus grande fécurité ; leurs plan-tations étoient plus nombreufes, leurs pirogues mieuxdécorées ; iis avoient de plus belles fcuîptures & desétofTes plus fines. Cette partie de la côte étoit aufli laplus peuplée ; peut-être devoient-ils l’abondance & lapaix dont ils jouifloient en apparence, à l’avantage d’êtreréunis fous un chef ou Roi ; car tous les habitans dece diftrièt nous dirent qu’ils étoient fujets de Tératu.
Quand ils nous indiquèrent de la main la réfidencede ce Prince , nous jugeâmes que c’étoit dans l’inté-rieur des terres ; mais , lorfque nous connûmes unpeu mieux le pays , nous trouvâmes que c’étoit dansla baie à?Abondance ( Plenty).