Ann. 1771Mars.
280 Voyage
- continuelles , & excite naturellement à manger les
'• cadavres de ceux qui ont été tués dans les combats.
Nous n’avons pas découvert qu'ils aient d’autreboiffon que de l’eau , fi réellement ils ne font pointufage de liqueurs enivrantes , ils font en ce pointplus heureux que tous les autres peuples que nousavions vifités jufques-là , ou dont nous ayions jamaisentendu parler.
Comme l’intempérance & le défaut d’exercice fontpeut-être l’unique principe des maladies critiques ouchroniques, il ne paroîtra pas fur prenant que ces peu-ples jouiffent fans interruption d’une fan té parfaite.Toutes les fois que nous fommes allés dans leurs bourgs,les enfans & les vieillards , les hommes & les femmesfe raffembloient autour de nous , excités par la mêmecuriofité qui nous portoit k les regarder ; nous n’enavons jamais apperçu un feul qui parût affeéfé de quel-que maladie ; «St parmi ceux que nous avons vu entiè-rement nuds , nous n’avons jamais remarqué la pluslégère éruption fur la peau , ni aucune trace de puf-tules ou de boutons. Lorlqu’ils vinrent près de nousdans les premières vifites , & que nous obfervâmesfur différentes parties de leur corps des taches blan-ches , qui fembloient former une croûte, nous crûmesqu’ils étoient lépreux , ou au moins attaqués violem-ment du fcorbut , mais en examinant ces marques deplus près , nous trouvâmes qu’elles provenoient del’écume de la mer qui , dans le pafiage , les avoitmouillés, & qui , s’étant dtfféchée , avoit laiffé fur lapeau des leh> en fine poudre blanche.
Nous