du Capitaine Cook. 175
Les deux fexes percent leurs oreilles , 6c enaggrandifl'ent les trous de manière qu’on peut y faire Ann. 1770.entrer au moins un doigt. Ils paffent dans ces trousdes ornemens de différente efpèce , de l’étoffe , desplumes , des os de grands oifeaux 6c quelquefois unpetit morceau de bois. Us y mettoient ordinairementles clous que nous leur donnions , ainii que toutesles autres chofes qu’ils pouvoient y porter. Quelquesfemmes y mettent le duvet de l’albatrofs qui eft auffiblanc que la neige 6c qui étant relevé , par devant 6cpar derrière le trou , en une touffe prefque auffi groffeque le poing , forme un coup - d’œil très - fingulier6c qui , quoique étrange , n’eft pas défagréable.
Outre les parures qu’ils font entrer dans les trous desoreilles , ils y en fufpendent avec des cordons plufïeursautres tels que des cifeaux ou des aiguilles de tête detalc vert, auxquels ils mettent un très-haut prix , desongles 6c des dents de leurs parents défunts, des dentsde chien 6c toutes les autres chofes qu’ils peuvent feprocurer , 6c qu’ils regardent comme étant de quel-que valeur. Les femmes portent auffi des braffelets 6cdes colliers compofés d’os d’oifeaux , de coquillagesou d’autres fubftances , qu’elles prennent 6c qu’ellesenfilent en chapelet. Les hommes fufpendent quelque-fois à un cordon qui tourne autour de leur cou , unmorceau de talc vert, ou d’os de baleine, à-peu-prèsde la forme d’une langue, 6c fur lequel on a groffiè-rement fculpté la figure d’un homme ; ils cffimentfort cet ornement. Nous avons vu un Zélandois dontle cartilage qui fépare les narrines 6c que les anato-miffes appellent feptum nafi, étoitpercé, 6c il y avoit
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