27° Voyage
=-— ' une joue & fur un œil , & ils procèdent ainfi par
^Mars' 770 ' ^ e S r ^ s > jufqu’à ce qu’ils deviennent vieux &. par-lkplus refpeCtables. Quoique nous # fufIions dégoûtés del’horrible difformité que ces taches & ce s filions im-priment au vifage de l’homme, cette image de la Di-vinité , nous ne pouvions nous empêcher d’admirerl’art & la dextérité avec laquelle ils les imprimentfur leurs peaux. Les marques du vifage font ordinai-rement fpirales ; elles font tracées avec beaucoup deprécifion & même d’élégance , celles d’un côté cor-refpondant exactement à celles de l’autre. Les marquesdu corps reffemblent un peu au feuillage de cesornemens de cifelure ancienne , & aux circonvo-lutions des ouvrages à filigrane ; mais on apperçoitdans ces marques une telle fécondité d’imagination,que de cent hommes qui fembloient au premier coup-’N d’œil porter exactement les mêmes figures , nous n’en
' trouvâmes pas deux qui en euffent de femblables , lorf-
que nous les examinâmes de près. Nous obfervâmes quela quantité & la forme de ces marques étoient différen-tes dans les diverfes parties de la côte ; & comme lesOtahitiens les placent principalement fur les feffes ,dans la Nouvelle-Zélande c’étoit quelquefois la feulepartie du corps où il n’y en eût point, & en généralelle étoit moins marquée que les autres.
Ces peuples ne teignent pas feulement leur peau,ils y appliquent aufïï de la peinture ; car, comme jel’ai remarqué plus haut , ils barbouillent leurs corpsavec de l’ocre rouge ; quelques - uns le frottent aveccette matière fèçhe , d’autres l’appliquent en larges