du Capitaine Cook. i 6j
pour en tirer avantage , ils s’étoient fervis fans feru-
pule de toutes fortes de moyens contre nous. C’eft Ann. 1770i ■' Iviârs»
pour cela que lorfqu’ils avoient reçu le prix de quelque
choie qu’ils offroient de nous vendre , ils retenoient
tranquillement la marchandife & la valeur que nous
avions donnée en échange , bien perluadés que c’étoit
une action très - légitime que de piller des hommes
qui n’avoient d’autre deflèin que de les piller eux-
mêmes,
J’ A 1 remarqué plus haut que les Infulaires des mersdu Sud n’avoient pas l’idée de l’indécence , loit par rap-port aux objets , foit par rapport aux aétions ; il n’enétoit pas de même des habitans de la Nouvclle-Zélande ;nous avons apperçu dans leur commerce & leur main-tien , autant de réferve, de décence & de modeltie, rela-tivement à des aétions qu’ils ne croyent pourtant pascriminelles , qu’on en trouve parmi les peuples lesplus civilifés de l’Europe. Les femmes n’étoient pasinacceffibles , mais la manière dont elles fe rendoientétoit auffi décente que celle dont une femme parminous cède aux defirs de fon mari , & fuivant leursidées , la ffipulation du prix de leurs faveurs eft auffiinnocente. Lorfque quelqu’un de l’équipage failoicdes proportions à une de leurs jeunes femmes y ellelui donnoit à entendre qu’elle avoit befoin du confen-tement de fa famille, & on Pobtenoit ordinairementau moyen d’un préfent convenable. Ces préliminairesune fois établis , il falloit encore traiter la femme pendantune nuit avec beaucoup de délicatefîe ; & l’amant quis’avifoic de prendre avec elle des libertés contraires
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