du Capitaine Cook. 2,6^
qu’ils n’en retireroitnt dans le premier cas. Mais on ales plus forces raflons de croire que des hommes accou-tumés à manger de la chair humaine , pourroientdépecer un cadavre avec aufli peu de répugnance &de fcrupule qu’en éprouvent nos cuflinieres a découperun lapin mort, qu’il ne leur en coùteroit pas plus decommettre un aflaflinat qu un vol ; & que par confé-quent, ils priveroient un homme de la vie avec auflipeu de remords que de fa propriété ; ainfl les hommes,placés dans ces circonftances , deviendroient meur-triers pour des intérêts aufli légers que ceux qui lesportent communément à voler. Si quelqu’un doute dela juftefle de ce raifonnement, qu’il fe demande à lui-même s’il ne fe croiroit pas plus en fureté avec unhomme qui fent en lui-même une forte horreur pourla deftru&ion de fon femblable , foit par une fuitede Pinftinâ: naturel qu’il n’a point étouffé , foit pardes préjugés qu’il a acquis de bonne heure & dontl’énergie égale prefque celle de la nature , qu’avecun autre qui , tenté de Paflafliner , ne feroic arrêtéque par des confldérations d’intérêt ; car on peutréduire à des vues d’intérêt tous les motifs de Ampledevoir , puifqu’ils fe terminent tous à l’efpéranced’un bien ou à la crainte d’un mal.
Ann. 1770.Mars.
Cependant la Atuation & les circonflances oùfe trouvent ces peuples miférables , ainfl que leurcaractère, lèrviroient à merveille ceux qui voudroientétablir une colonie parmi eux. Ils ont befoin defecours par leur Atuation , & leur caractère les rendfufceptibles d’amitié ■> & quoique puifîenc dire enTome JII > Ifl