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3 (1774)
Entstehung
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264
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i 6 4 Voyage

laiffer nues la gorge & les cuifl'es dune femme, & queAnn. 1770. c e ft uniquement par préjugé ôc par habitude que la^ Iars ' tranfgrcfiion de lufage nous fait friflonner dans le pre-mier cas, & rougir dans le fécond. En mettant à partla difculTion de ce point de controverfe, on peut affir-mer avec vérité, que lufage de manger de la chair hu-maine eft très pernicieux dans fes conféquences, relati-vement h nous ; il tend manifêftement à extirperun principe qui fait la principale fûreté de la vie hu-maine, &' qui arrête plus fouvent la main de laflaffin ,que ne peut le faire le fentiment du devoir ou la craintede léchafaud.

La mort doit perdre beaucoup de fon horreur chezceux qui font accoutumés à manger des cadavres , &lhomme que cette horreur naturelle ne retiendra pointnaura pas une grande répugnance a devenir meurtrier.Il eft plus facile de furmonter la loi du devoir & laterreur du châtiment, que les fentimens de la natureou ceux quont fait naître les préjugés de lenfance6c qua fortifiés une habitude continuelle. L horreurquéprouve un meurtrier tient moins au crime delhomicide en lui - même , quà fes elfets naturels,& saffoiblit à mefure quon fe familiarife avec ceseffets. Suivant nos loix & notre religion , laftaflinat& le vol font punis par les mêmes fupplices , 6 c dansce monde & dans lautre; cependant, parmi le grandnombre de ceux qui commettent un vol de proposdélibéré , il y en a très-peu qui vouluffent fe rendrecoupables dun homicide de deflein prémédité , mêmepour fe procurer de beaucoup plus grands avantages

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