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laiffer nues la gorge & les cuifl'es d’une femme, & queAnn. 1770. c ’ e ft uniquement par préjugé ôc par habitude que la^ Iars ' tranfgrcfiion de l’ufage nous fait friflonner dans le pre-mier cas, & rougir dans le fécond. En mettant à partla difculTion de ce point de controverfe, on peut affir-mer avec vérité, que l’ufage de manger de la chair hu-maine eft très pernicieux dans fes conféquences, relati-vement h nous ; il tend manifêftement à extirperun principe qui fait la principale fûreté de la vie hu-maine, &' qui arrête plus fouvent la main de l’aflaffin ,que ne peut le faire le fentiment du devoir ou la craintede l’échafaud.
La mort doit perdre beaucoup de fon horreur chezceux qui font accoutumés à manger des cadavres , &l’homme que cette horreur naturelle ne retiendra pointn’aura pas une grande répugnance a devenir meurtrier.Il eft plus facile de furmonter la loi du devoir & laterreur du châtiment, que les fentimens de la natureou ceux qu’ont fait naître les préjugés de l’enfance6c qu’a fortifiés une habitude continuelle. L horreurqu’éprouve un meurtrier tient moins au crime del’homicide en lui - même , qu’à fes elfets naturels,& s’affoiblit à mefure qu’on fe familiarife avec ceseffets. Suivant nos loix & notre religion , l’aftaflinat& le vol font punis par les mêmes fupplices , 6 c dansce monde & dans l’autre; cependant, parmi le grandnombre de ceux qui commettent un vol de proposdélibéré , il y en a très-peu qui vouluffent fe rendrecoupables d’un homicide de deflein prémédité , mêmepour fe procurer de beaucoup plus grands avantages
qu’ils