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Ann. 1770.Mars.
ij8 Voyage
ni douceur ni faveur, & que les enfans feuls prcnoientla peine de recueillir. On y trouve une plante dont leshabitans fe fervent en place de chanvre & de lin , &qui furpafle toutes celles qu’on* emploie aux mêmesufages dans les autres pays. 11 y a deux efpèces decette plante ; les feuilles de toutes les deux refl’emblcntà celles des glayeuls ; mais les fleurs font plus petites& les grappes en plus grand nombre; dans l’une ellesfont jaunes & dans l’autre d’un rouge foncé. Leur ha-billement ordinaire eft compofé des feuilles de ces plan-tes fans beaucoup de préparations ; ils en fabriquent,d’ailleurs leurs cordons, leurs lignes & leurs cordages,qui font beaucoup plus forts que tous ceux qu’onfait avec du chanvre, & auxquels ils ne peuvent pasêtre comparés. Ils tirent de la même plante , préparéed’une autre manière, de longues fibres minces, lui—fantes comme la foie, & auflî blanches que la neige;ils manufacturent leurs plus belles étoffes avec ces fi-bres qui font auflî d’une force furprenante. Leurs fi-lets , dont quelques-uns , comme je l’ai déjà remarqué,font d’une grandeur énorme, font formés de ces feuil-les ; tout le travail confifte h les couper en bandes delargeur convenable, qu’on noue enfemble.
Une plante , qu’on peut fi avantageufement em-ployer à tant d’ufages utiles, feroit une acquifitionimportante pour l’Angleterre où elle croîtroit , fé-lon toute apparence , fans beaucoup de peine ; carelle paroît être très-vivace & n’avoir befoin d’aucunfol particulier. On la trouve également fur les col-lines & dans les vallées, fur le terreau le plus fec &