Voyage
nions encore davantage ; de forte que dans les deux foisque nous mîmes a l’ancre dans le Détroit de Cook ,chaque chambrée du vaifleau qui ne fut pas pareffeufeou fans prévoyance, en put faler affez pour en.man-ger plufieurs femaines après que nous eûmes remis enmer. La diverfité des poiffons étoit égale à leur abon-dance ; nous avions du maquereau de plufieurs efpeces,un entr’autres, qui-eft exaéfement le même que ce-lui d’Angleterre; ces poiffons fe trouvent en troupesinnombrables fur les bas-fonds, & ils font pris au filetpar les naturels du pays, qui nous en vendirent àtrès-bas prix. Il y a encore des poiffons de plu-fieurs fortes que nous n’avions jamais vus aupara-vant ; mais les matelots eurent bientôt donné des nomsh tous ; de forte que nous parlions ici aufîi familière-ment de brochets , de rayes, de brèmes, de merlans& de plufieurs autres , qu’en Angleterre ; & quoiqu’ilsne foient pas de la même famille , il faut convenirqu’ils ne font pas indignes du nom qu’on leur a donné.Le mets le plus délicat que nous procuroit la mer,même en cet endroit, étoit une efpèce de hommard,probablement la même que celle , qui fuivant leVoyage du Lord Anfon , fut trouvée à l’Ifle de JuanFernandès , mais feulement un peu moins groffe ;ce hommard différé en plufieurs points de l’écrevifîede mer d’Angleterre ; il a un plus grand nombre depointes fur le dos, & il eft rouge lors même qu’ilfort de l’eau. Nous en achetâmes une grande quantitédes Naturels du pays qui habitent au Nord ; ils lesprennent en plongeant près de la côte , & les déga-gent avec leurs pieds du fond où ils fe tiennent.