du Capitaine Cook. 107
ques autres oifeaux fauvages que la longue habitudeoù nous étions de vivre de provifions Talées nous fittrouver excellens.
Le nombre des habitans furpaffoit à peine quatrecens ; ils vivent difperfés le long des côtes dans lesendroits où ils peuvent Te procurer plus facilement dupoiffon ôc de la racine de fougère dont ils font leurnourriture, car nous ne vîmes point de terrein cultivé.Lorfqu’ils (ont menacés de quelque danger , ils feretirent dans leurs hippahs ou forts. Nous les trouvâ-mes d’abord dans cette fituation & ils y relièrent en-core quelque tems après notre arrivée. Ils font pau-vres en comparaifon des autres Indiens de ce pays, &leurs pirogues font fans ornement. Le peu de traficque nous fîmes avec eux, confifta entièrement en poif-fons, & véritablement ils n’avoient guères autre chofequ’ils pulfent nous vendre. Ils fembloient cependant avoirquelque connoillance du fer, connoiffance que n’avoientpas les habitans des autres pays, car ils changèrent vo-lontiers leurs poiflons contre des clous , & même ils fem-blèrent quelquefois les préférer à toutes les autres chofesque nous pouvions leur donner, ce qui n’étoit pas tou-jours arrivé chez les autres. Ils aimèrent d’abord paflion-nément le papier , mais quand ils virent qu’il fe gâtoits’il venoit à fe mouiller, ils ne voulurent plus le prendre.Ils ne paroiffoient pas attacher beaucoup de valeur à l’é-toffe à'Otahiti , mais ils edimoient fort le gros drap d’An-gleterre & le kcrfey rouge ; ce qui prouve qu’ils avoientaflez de bon fens pour apprécier les marchandifes que