loi
Voyage
Ann. 1770.Février.
fouffloient de la haute terre 6c dont l'une rompit la han-lière que nous avions attachée à la côte, & nous obli-gea de lailîcr tomber une autre ancre. Vers minuitle vent devint plus modéré, mais la pluie continua avectant de violence, que le ruiffeau qui nous avoit four-ni de l'eau déborda & emporta dix petites futaillesqu’on y avoit laiffées remplies d’eau , & dont nous nepûmes recouvrer aucune, quoique nous euffions faitdes recherches dans toute l’anfe.
Le 3 , comme j’avois deffein de mettre à la voileà la première occafion , j’allai au Hippah jfitué fur lecôté oriental du canal, 6c j’achetai un quantité confi-dérable de poiffons coupés 6c à moitié fecs pour nousfervir de provifions. Les Indiens de ce canton ,confirmèrent tout ce que le vieillard nous avoit dit furle détroit 6c le pays, 6c vers le midi je les quittai.Notre départ fembloit en affliger quelques-uns, ôcd’autres en paroiffoient joyeux ; ils me vendirent fansrépugnance le poiffon ; mais il y en eut plufîeurs quinous donnèrent à connoître par des lignes manifeftesque ce marché leur failoit de la peine. En retournantau vaiffeau quelques-uns de nos gens firent une incur-fion le long de la côte au Nord , pour acheter desNaturels du pays de nouveaux poiffons , mais ils n’yréufîirent pas trop bien. Le foir on porta au vaiffeautout ce que nous avions à terre , parce que je vouloismettre à la voile le lendemain ; le vent ne nous le per-mit pas.
Le 4 , tandis que nous attendions un vent favorable,nous nous occupâmes à pêcher 6c à raffembler des co-