du Capitaine Cook. 199
dix lieues, non loin de la grande terre : entre cette Ifle& l’endroit où j’étois , je découvris tout près de lacôte quelques autres Ifles formant plufieurs baies,dans lefquelles il fcikbloit y avoir un bon mouillagepour le vaiffeau. Après avoir pris la pofition des dif-férentes pointes, je drefî'ai une autre pile de pierres ,où je laiflai une piece d’argent avec quelques balles& des verroteries, & j’arborai au fommet un mor-ceau de vieille flamme : en retournant au vaiffeau ,j’abordai plufieurs Naturels du pays que je vis le longde la côte , & j’achetai d’eux une petite quantité depoiffon.
Ann. 1770,Janvier.
L e 30 , dès le grand matin , j’envoyai un bateauà l’une des Ifles pour chercher du celeri, & pendantque nos gens en cueillirent, une vingtaine d’indiens,hommes, femmes & enfans, débarquèrent près dequelques huttes défertes. Dès qu’ils furent fur la côte,cinq ou fix femmes s’affirent enfemble à terre de femirent à fe faire des blelTùres effrayantes fur les jam-bes , les bras & le vifage , avec des coquilles & desmorceaux pointus de talc ou de jafpe. Nous imaginâ-mes que leurs maris avoient été tués depuis peu parleurs ennemis ; pendant qu’elles faifoient cette hor-rible cérémonie , les hommes, fans y faire la moin-dre attention & fans être touchés en aucune manièrede leur état, travailloient à réparer les' huttes.
Le charpentier ayant préparé deux poteaux, qu’ondevoit placer comme des monumens de notre arrivéedans cet endroit, j’y fis mettre le nom du vaiffeau de