Druckschrift 
3 (1774)
Entstehung
Seite
186
Einzelbild herunterladen
 

i86 Voyage

r*- 1reconnûmes pour des os humains après les avoir exa-

Ann. 1770. déplus près. Ce fpeèfacle nous frappa dhorreur,

Janvier. & r r

quoiqu il ne rit que confirmer ce que nous avions oui-

dire plufieurs fois depuis notrfc arrivée fur la côte.Comme il étoit fur que cétoit véritablement des oshumains , il ne nous fut pas pofhble de douter quela chair qui les couvroit neût été mangée. On lesavoit trouvés dans un panier de provifion; la chair quireffoit fembloit manifeftement avoir été apprêtée aufeu, & lon voyoic, fur les cartilages, les marquesdes dents qui y avoient mordu. Cependant , pourconfirmer des conjeèfures que tout rendoit fi vrai-femblables , nous chargeâmes Tupia dp demanderce que cétbient que ces os, & les Indiens répondirentfans héfiter en aucune manière , que cétoient des osdhommes. On leur demanda enfuite ce quétoit deve-nue la chair, & ils répliquèrent quils lavoient man-gée; mais, dit Tupia, pourquoi navez-vous pas mangéle corps de la femme, que nous avons vu flotter furleau? Cette femme, répondirent-ils, eft morte de ma-ladie ; dailleurs elle étoit notre parente , & nousne mangeons que les corps de nos ennemis qui fonttués dans une bataille. En nous informant qui étoitlhomme dont nous avions trouvé les os , ils nousdirent quenviron cinq jours auparavant, une piro-gue, montée par fept de leurs ennemis, étoit venuedans la baie , & que cet homme étoit un des fept, quilsavoient tués. Quoiquil foit difficile dexiger de plusfortes preuves que cette horrible coutume eft établieparmi les habitans de cette côte , cependant nousallons en donner qui font encore plus frappantes.