du Capitaine Cook. 185
autres perfonnes, & nous allâmes dans une autre anfeéloignée d’environ deux milles de celle où mouilloitle vaifleau. Dans notre route, nous vîmes flotter furl’eau quelque chofe que nous prîmes pour un veaumarin mort ; mais, après nous en être approchés, nousreconnûmes que c’étoit le corps d’une femme , qui,fuivant toute apparence , étoic morte depuis peu dejours. Quand nous fûmes arrivés a l’anfe, nous y mî-mes à terre & nous trouvâmes une petite famille d’in-diens auxquels notre approche infpira vraifemblable-ment beaucoup d’dïroi, car ils s’enfuirent tous , à fex-ception d’un feul. Une converfation entre celui-ci &.Tupia ramena bientôt les autres , hormis un vieillard& un enfant qui s’étoient retirés dans le bois, d’où ilsnous épioient fecrettement. La curiofité nous portanaturellement à faire k ces fauvages des queftions fur lecorps de la femme que nous avions vu flotter fur l’eau.Us nous répondirent, par l’entremife de Tupia , quec’étoit une de leurs parentes, morte de fa mort natu-relle , qu’après avoir attaché , fuivant leur coutume ,une pierre au cadavre, ils l’avoient jetté dans la mer,& que probablement le corps s’étoit féparé de lapierre.
Lorsque nous allâmes k terre , ces Indiens étoientoccupés k apprêter leurs alimens, & ils faifoient cuirealors un chien dans leur four ; il y avoir près de-la plu-fieurs paniers de provifion ; en jettant par hafard lesyeux fur un de ces paniers, k mefure que nous pallions,nous apperçûmes deux os entièrement rongés, qui nenous parurent pas être des os de chien, & que nousT'orne III. A a
Ann. 1770.Janvier.