V
du Capitaine Cook. 187
L’un de nous leur demanda s’ils avoient quelques os
humains où il y eût encore de la chair: ils nous rénon- a ^n. 1770*vin- , • c • » Janvier,
dirent qu ils l avoient toute mangee, mais nous teignî-mes de ne pas croire qhe ce fuffent des os d’hommes, &nous prétendîmes que c’étoient des os de chien ; furquoi un des Indiens faifit fon avant-bras avec une fortede vivacité, & en l’avançant vers nous, il dit que l’osque tenoit M. Banks dans fa main , avoir appartenuà cette partie du corps ; & pour nous convaincre enmême-tems qu’ils en avoient mangé la chair, il mor-dit fon propre bras & fit femblant de manger. Ilmordit auffi & rongea l’os qu’avoit pris M. Banks, enle paffant à travers fa bouche ôc montrant par lignes quela chair lui avoit fait faire un très-bon repas ; il renditenfuite l’os à M. Banks qui l’emporta avec lui. Parmiles perfonnes de cette famille, nous vîmes une femmedont les bras, les jambes & les cuiffes avoient été dé-chirés en plufieurs endroits d’une manière effrayante.
On nous dit qu’elle s’étoit fait elle-même ces bleffu-res, comme un témoignage de la douleur que lui cau-foit la mort de fon mari, tué & mangé depuis peupar d’autres habitans qui étoient* venus les attaquerd’un canton de l’Ifle , fitué à l’EIt, & que nos Indiensmontroient avec le doigt.
Le vaiffeau mouilloit à un peu moins d’un quart de .mille de la côte, & le matin, du 17, nous fûmes éveilléspar léchant des oifeaux : leur nombre étoitincroyable, &ils fembloient le dilputer à qui feroit entendre les fons lesplus agréables. Cette mélodie lauvage étoit infinimentfupérieure à toute celle de même efpece que nous avions
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