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3 (1774)
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187
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V

du Capitaine Cook. 187

Lun de nous leur demanda sils avoient quelques os

humains il y eût encore de la chair: ils nous rénon- a ^n. 1770*vin- , c » Janvier,

dirent qu ils l avoient toute mangee, mais nous teignî-mes de ne pas croire qhe ce fuffent des os dhommes, &nous prétendîmes que cétoient des os de chien ; furquoi un des Indiens faifit fon avant-bras avec une fortede vivacité, & en lavançant vers nous, il dit que losque tenoit M. Banks dans fa main , avoir appartenuà cette partie du corps ; & pour nous convaincre enmême-tems quils en avoient mangé la chair, il mor-dit fon propre bras & fit femblant de manger. Ilmordit auffi & rongea los quavoit pris M. Banks, enle paffant à travers fa bouche ôc montrant par lignes quela chair lui avoit fait faire un très-bon repas ; il renditenfuite los à M. Banks qui lemporta avec lui. Parmiles perfonnes de cette famille, nous vîmes une femmedont les bras, les jambes & les cuiffes avoient été dé-chirés en plufieurs endroits dune manière effrayante.

On nous dit quelle sétoit fait elle-même ces bleffu-res, comme un témoignage de la douleur que lui cau-foit la mort de fon mari, tué & mangé depuis peupar dautres habitans qui étoient* venus les attaquerdun canton de lIfle , fitué à lEIt, & que nos Indiensmontroient avec le doigt.

Le vaiffeau mouilloit à un peu moins dun quart de .mille de la côte, & le matin, du 17, nous fûmes éveilléspar léchant des oifeaux : leur nombre étoitincroyable, &ils fembloient le dilputer à qui feroit entendre les fons lesplus agréables. Cette mélodie lauvage étoit infinimentfupérieure à toute celle de même efpece que nous avions

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