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3 (1774)
Entstehung
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154
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I 5"4 V O Y A G, E

une pofture de fuppliant, ils fe mirent.fous notre pro-Ann. 1760. tedlion. Nous leur parlâmes amicalement , le vieillard° Veiïl ' nous dit quun de ceux qui avoit été bleffé par dupetit plomb étoit fon frère , &c nous demanda avecbeaucoup dinquiétude sil en mourroit ; nous lafîura-mes que non , & mettant dans fa main une balle &du petit plomb , nous lui fîmes entendre que pourmourir il falloit être blefle avec la balle , & que ceuxqui létoient de lautre manière en guériroient ; nousajoutâmes que fi lon nous attaquoit encore , nousnous défendrions avec des balles , qui les blefï'eroientmortellement. Ces Indiens reprirent un peu de cou-rage , sapprochèrent & saflirent près de nous , &pour les raffurer davantage , nous leur fîmes préfentde quelques bagatelles que nous avions par hafard avecnous.

Bientôt après nous nous rembarquâmes dansnos bateaux , & quand nous fûmes arrivés à une autreanfe de la même 10e , nous montâmes fur une collinevoifine qui dominoit fur le pays, jufquà une diidanceconfidérable : la vue étoit très - finguüère & très-pittorefque ; on appercevoit une quantité innombrabledIfles qui formoient autant de havres , leau étoitaufli unie que dans létang dun moulin ; nous décou-vrîmes en outre plusieurs bourgades , des maifonsdifperfées & des plantations ; ce canton étoit beau-coup plus peuplé quaucun de ceux que nous avionsvus auparavant. Plufieurs Indiens fortirent dune desbourgades qui étoit près de nous , ils sefforcèrent denous montrer quils étoient fans armes ; leurs geftes