Ann. 17%.Novemb.
du Capitaine Cook. i j 3
encore tiré fon coup de fufil le lâcha fur ce cham-pion , qui s’arrêta brufquement , en Tentant qu’il étoitblefi'é, & s’enfuit enfuite avec les autres; cependant,loin de fe difperfer , ils fe rafiemblèrent fur unemonticule , où ils fembloient attendre un chef affezdéterminé pour les conduire à une nouvelle attaque.Comme ils fe trouvoient hors de la portée de notreplomb , nous tirâmes à balle , mais fans les atteindre ;ils refilèrent toujours attroupés, & nous demeurâmesl’efpace d’un quart-d’heure dans cette fituation. Surces entrefaites le vaifi’eau , d’où l’on appercevoit unbeaucoup plus grand nombre d’indiens qu’on nepouvoit en découvrir de l’endroit où nous étions , feplaça de manière que fon artillerie pût porter ; quel-ques boulets , tirés par-deflus la tête des Naturels dupays , les difpersèrent entièrement : il n’y eut danscette efcarmouche que deux Indiens bleffés avec dupetit plomb & pas un fcul ne fut tué. Ce combatauroit été plus meurtrier fi je n’avois contenu mesgens , qui par la crainte des accidens qui pourroiencnous arriver , ou par le plaifir d’exercer leurs for-ces , montroient à maflacrer ces Inlulaires , le mêmeemprefiement qu’un chaflèur à détruire du gibier.Devenus paifibles pofiefieurs de notre anfe , nousmîmes bas les armes , & nous cueillîmes du cé-leri , qui y croît en abondance : peu de tems aprèsnous nous rappellâmes que quelques Indiens s’étoientcachés dans la caverne d’un des rochers ; nous marchâ-mes vers cet endroit, alors un vieillard , le mêmechef à qui j’avois donné le matin un morceau de drap,s’avança fuivi de fa femme & de fon frère, & prenantTome III. V