Tracas
Ann. 17^9.Novemb.
! j 2, Voyage
nés par deux ou trois cens Infulaires , dont quelques-uns Ibrtoieut du fond de l’anfe & d’autres venoient dufommet des collines ; ils étoient tous armés, mais ilss’approchèrent avec tant de défo&lre & de confufion ,que nous les loupçonnâmes à peine de vouloir nousfaire du mal , & nous réfolûmes de ne pas commen-cer les holfilités les premiers. Nous marchâmes à leurrencontre , & nous traçâmes fur le fable entr’eux &nous une ligne , que nous leur dîmes par lignes dene pas paffer ; ils relièrent d’abord paifibles , maisleurs armes étoient toutes prêtes à frapper, & ils fem-bloient plutôt irréfolus que pacifiques. Pendant quenous étions ainfi en fufpens , une autre troupe d’in-diens s’avancèrent, & devenant plus hardis à mefureque leur nombre augmentoit, ils commencèrent lesdanfes & les chanfons , qui font les préludes de leurbataille ; cependant ils différoient toujours l’attaque ,mais deux détachemens coururent vers chacun de nosbateaux , & entreprirent de les traîner fur la côte ;cette tentative parut être le lignai du combat , carceux qui étoient autour de nous s’avancèrent enmême-teins fur notre ligne. Notre fituation étoittrop critique alors pour refter plus long-tems oifif ;ç’eft pour cela que je tirai un coup de fufil chargé àpetit plomb contre un des plus proches 3 & M. Banks& deux de nos gens firent feu immédiatement après ;nos ennemis reculèrent alors un peu en défordre, maisun des chefs qui étoit à environ huit verges de diftanceles rallia : il s’avança en agitant fon Patou-patou, &appellant à grands cris fes compagnons, il les condui-ts à la charge. Le Doêteur Solander qui n’avoit pas
encore