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O Y A G E
Ann. 1769.Novcmb.
vière 8c 'dans l’efpace de deux ou trois milles vers fafource , il y a un bon mouillage par 4 ou 5 braffesd’eau , 8c des endroits très-commodes pour échouer unnavire, où la marée s’élève & retombe de fept piedsdans les pleines & les nouvelles lunes. Nous n’avonspas pu déterminer fi quelque courant confidérable d’eaudouce débouche de l’intérieur du pays dans cette ri-vière ; mais nous vîmes fortir des collines voifines ungrand ^nombre de petits ruifîéaux. Près de l’embou-chure de cette rivière , au côté oriental, nous trouvâ-mes un petit village Indien compofé de petits hangars.Nous y débarquâmes , & les habitans nous reçurentavec de grands témoignages d’hofpitalité 8c d’ami-tié; ils nous régalèrent d’un poifl’on à coquille platte,reffemblant un peu au pétoncle ; nous le mangeâmesfortant de deflus les charbons , 8c il étoit d’un goûtdélicieux. Près de cet endroit, il y a une pointe éle-vée ou péninfule qui s’avance dans la rivière, & oùl’on apperçoit les relies d’un fort qu’ils appellent Ep-pah ou Hèppah. Le plus habile Ingénieur de l’Europen’auroit pas pu choifir une meilleure fituation pourmettre un petit nombre d’hommes en état de fe défen-dre contre un plus grand. Les rochers font fi efcarpésque l’eau qui enferme ce Fort de trois côtés le rendentièrement inaccefïible , & du côté de terre il eftfortifié par un.foiTé 8c un parapet élevé en dedans. Dufommet du parapet jufqu’au fond du folié , il y a vingt-deux pieds. Le folié en dehors a quatorze pieds deprofondeur & une largeur proportionnée. Toute laforterefle fembîoit avoir été conflruite avec beaucoupde jugement. Il y avait une rangée de piquets ou
paliflades