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3 (1774)
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118
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Ann. 17(39.Novemb.

i18 Voyage

inconnus. Ces oifeaux étoient grillés ou cuirs au four.Pour les griller , ils les attachoient à un petit bâtonfiché en terre & incliné vers leur feu. Ils cuifent leursalimens au four en les mettant dans un trou garni depierres chaudes, comme les Otahitiens.

Parmi les Naturels du pays qui sétoient raffem-blés à cette occafion , nous vîmes une femme qui déplo-rott à la manière du pays la mort dun de fes parens:elle étoit aflîfe a terre près des autres , qui, excepté unfeu!, ne faifoient pas la moindre attention à elle. Leslarmes couloient en abondance le long de fes joues,& elle répétait dune voix baffe, mais très-plaintive,des paroles que Tupia lui-même nentendoit point. Ala fin de chaque phrafe elle fe faifoit des incifionsfur les bras, le vifage & la poitrine , avec une coquillequelle tenoit à la main , de forte quelle étoit pref-que couverte de fang, ce qui offroit un des plus tou-chans fpeélacles quil foit poffible d'imaginer. Les blef-fores ne paroiffoient pourtant pas être aufli profondesque celles quils fe font quelquefois en pareilles occa-fions, fi nous pouvons en juger par les cicatrices quenous apperçûmes fur les bras , les cuiffes, la poitrine& les joues de pîufieurs dentreux, & quon nous ditêtre des bleffures quils sétoient faites , comme destémoignages de leur affeétion & de leur douleur.

Le lendemain 10, accompagné de M. Banks & dequelques-uns de nos Officiers, jallai avec deux ba-teaux examiner une grande rivière qui a fon embou-chure au fond de la baie. Nous la remontâmes lef-pace de quatre ou cinq milles, & nous aurions avancé