du Capitaine Cook. 91
agitoit enfuite fa lance qu’il ferroit avec beaucoup deforce. Quand fon fantôme d’adverfaire étoit cenféavoir été percé de fa lance, il couroit fur lui avec fonpatou-patou , & fondant fur l’extrémité fupérieure dupoteau qui figuroit la tête de fon rival , il y frappoitun grand nombre de coups avec tant de force , quechaque coup auroit probablement fuffi pour fendre lecrâne d’un bœuf. Comme ce champion afîaillit en-core fon ennemi avec le patou - patou , après l’avoirpercé de fa lance, nos Officiers conclurent que dansles batailles ces peuples ne font point de quartier.
L’après-midi nous dreflàmes la forge du ferru-rier pour raccommoder les crampons de la barre dugouvernail qui avoient été rompus , & nous conti-nuâmes à faire de l’eau & du bois, fans recevoir lamoindre oppofition de la part des Naturels du pays.Ils nous apportèrent au contraire différentes efpè-ces de poiffon que nous achetâmes , comme à l’ordi-naire , pour de la verroterie ôc des bouteilles deverre,
Le zj , MM. Banks & Solander allèrent encore àterre, & pendant qu’ils recueilloient des plantes, Tu-pia refta près de ceux de nos gens qui faifoient del’eau. Parmi les Indiens qui s’en approchèrent, il yavoit un Prêtre avec qui il eut une converfation très-favante. Ils fembloient être parfaitement d’accord dansleurs idées fur la religion , ce qui n’arrrive pas fou-vent à nos habiles Théologiens d’Europe. Tupia pa-roifloit pourtant avoir le plus de connoiiïances , &l’autre l’écoutoic avec beaucoup de docilité & d’atten-
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Ann. 1769.O&obre.