yo Voyage
MM. Banks & Solander y vinrent auffi pour re~6 ? m cueillir des plantes, & dans leur promenade iis virent' " différentes chofes dignes de remarque. Ils rencontrè-rent dans les vallées plusieurs maifons qui fembloientêtre entièrement défertes, les Indiens vivans fur lesfommets des collines dans des efpèces de hangars très-proprement conftruits. En avançant dans une de cesvallées , dont les collines étoient très-elcarpées de cha-que côté; ils apperçurent tout-à-coup une curiofiténaturelle très-extraordinaire. C’étoit un rocher trouédans toute fa profondeut, de manière qu’il formoit unearcade ou caverne étonnante , d’où l’on découvroitla mer. Cette ouverture, qui avoit foixance & quinzepieds de long, vingt - fept de large & quarante-cinqde haut, préfentoit une partie de la baie & des colli-nes de l’autre côté , qu’on voyoit à travers. Ce coupd’œil inattendu produifoit un effet bien fupérieur àtoutes les inventions de l’Art.
E n retournant le foir au lieu de l’aiguade, ils trou-vèrent un vieillard qui les retint pendant quelque temspour leur montrer les exercices militaires du pays ,avec les lances & les patou-patous , qui font les feulesarmes en ufage chez ces Indiens. La lance , faite d’unbois très-dur & pointue aux deux bouts , a dixà quatorze pieds de long. Nous avons déjà donnéla defcription du patou-patou ; il a environ un piedde long, il eft: fait de talc ou d’os, & a un tranchantaigu; ils s’en fervent comme d’une hache de bataille.L’Indien s’avançoit avec un vifage plein de fureur con-tre un poteau ou pieu qui repréfentoit l’ennemi ; il