du Capitaine Cook. 83
que nos obfervareurs étoient curieux de voir : ils lestrouvèrent quelquefois prenant leur repas , que l’ap-proche des étrangers n’interrompoit jamais. Leurnourriture h cette faifon confiftoit en poiffon , aveclequel ils mangent au lieu de pain la racine d’uneefpèce de fougère, qui reftemble beaucoup à cellequi croît fur les communes d’Angleterre ; ils gril-lent ces racines fur le feu , & ils les battent enfuiteavec un bâton jufqu’à ce que l’écorce & l’enveloppeextérieure tombent ; ce qui refte eft une fubftancemolle, un peu pâteufe, douce , & qui n’eft pointdéfagréable au goût, mais elle eft mêlée d’une gran-de quantité de filaffe & de fils très - défagréables.Quelques Indiens avaloient ces fibres , mais le plusgrand nombre les recrachoient dans des paniersqu’ils avoient près d’eux, pour recevoir la partie mâ-chée qu’ils rejettoient. En d’autres tems ils ont cer-tainement des végétaux excellens en abondance, maisexcepté les chiens , qui font d’une vilaine figure , nousn’avons point vu parmi eux d’animaux apprivoifés.M. Banks appercut quelques-unes de leurs plantationsoù le terrein étoit aufti - bien divifé & labouré quedans nos jardins les mieux foignés ; il y reconnut despatates douces, des Eddas , qui font très-connus &fort eftimés dans les Indes orientales & les Iflesd’Amérique , & quelques citrouilles : les patates dou-ces étoient plantées fur de petites collines , quelques-unes difpofées par planches, d’autres en quinconce, &toutes alignées avec la plus grande régularité. LesEddas avoient été placés fur un fol plat, mais aucunne paroiffoit encore au-deftùs de terre, & les citrouil-
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Ann. 1769Octobre.