du Capitaine Cook.
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avoient quittés ; 8c lorfque les Indiens s’en apperçu-rent à la pointe du jour , ils furent frappés de conf-ternation & de terreur ; ils déplorèrent leur état parde grands cris , des -^eftes de défefpoir 8c beaucoupde larmes, & Tupia les appaifa difficilement. Le 1 %,fur les fept heures du matin , profitant d’une brifelégère , nous continuâmes à porter au S. O. le longde la côte. Heureufement pour nos pauvres Indiens ,nous rencontrâmes deux pirogues, qui s’avancèrent ducôté du vailïèau ; elles s’arrêtèrent pourtant à peu dediftance , & elles fembloient craindre de s’approcherplus près : cet état d’incertitude caufa de grandes altar-mes à nos Indiens», & ils follicitèrent de la voix & dugefte avec toute l’impatience poffible, leurs compatrio-tes de venir fur les côtés du vaifleau. Tupia nous inter-préta ce qu’ils difoient ; & nous fûmes fort furprisd’apprendre qu’entr’autres raifons qu’ils employoient,ils affuroient les Indiens des pirogues , que nousne mangions point d’hommes. Nous commençâmesalors à croire férieufement que cette horrible cou-tume étoit en ufage parmi eux ; car nous regardionsauparavant ce que les enfans nous avoient dit commedes exagérations infpirées par la crainte. Une despirogues a la fin fe hafarda à venir au côté du bâti-ment , & nous reçûmes à bord un vieillard , que labeauté de fon vêtement & de fon arme , qui étoit unPatou-patou , fait d’os qu’il nous dit être de baleine ,nous fit prendre pour un chef : il refia peu de temsavec nous , & en s’en allant , il emmena nos troishôtes Indiens, à la grande fatisfaêlion des uns & desautres.
Tome III.
Ann. 1765).Octobre.
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