64 Voyage
.:j que contenoit le vaiffeau , l’avoit engagé à fe hafarder
1769. à y venir.
>bre.
Pendant qu’ils furent à bord ils nous donnèrenttoutes fortes de lignes d’amitié, & ils nous invitèrenttrès-cordialement à retourner dans notre ancienne baieou à une petite anfe qu’ils nous indiquèrent, & quin’étoit pas tout-à-fait li éloignée ; mais efpéranc ren-contrer un meilleur havre que ceux que j’avois vusjufqu’alors , j’aimai mieux continuer mes recherchesqne de retourner en arrière,
Environ une heure avant lé coucher du Soleil, lespirogues quittèrent le vaifleau, & elles ramèrent avecle petit nombre de pagayes qu’elles s’étoient réfer-vées , & qui fuffifoient à peine pour les reconduire kterre. Les Indiens, par je ne fais quel motif, laifsèrenttrois de leurs compatriotes fur notre bord. Dès que,nous nous en apperçûmes, nous les rappellâmes , maisaucun d’eux ne voulut venir reprendre leurs compa-gnons ; ce qui nous furprit beaucoup ; nous fûmesencore plus étonnés de remarquer que les Infulairesdélaiffés , loin de paroître attriftés de leur btuation ,nous amusèrent en danfant & chantant à leur manière :ils foupèrent & ils allèrent paifiblement fe coucher.
Une petite brife fe levant bientôt après qu’il futnuit, nous gouvernâmes le long de la côte à petitesvoiles , jufqu’à minuit , nous mîmes alors à la cape,6 c dans peu nous eûmes calme. Nous étions éloignésde quelques lieues de l’endroit où les pirogues nous
avoient