du Capitaine Cook. 63
ces entrefaites nous découvrîmes une autre piroguequi venoic de la Baie de Pauvreté ÿ elle n’avoit quequatre hommes à bord , & nous nous rappellâmesd’avoir vu l’un d’eux* dans la première entrevue quenous eûmes avec les Infulaires fur le rocher. Cettepirogue, fans s’arrêter & fans faire la moindre atten-tion aux autres, s’avança direêlement fur les côtés duvaiffeau , ôc nous n’eûmes pas beaucoup de peine deperfuader aux Indiens de monter à bord. Leur exem-ple fut bientôt fuivi par les autres, & nous avionsautour de nous fept pirogues & environ cinquantehommes : nous leur fîmes à tous beaucoup de préfens ;cependant ils defiroient û fort d’avoir une plus grandequantité de .nos marchandifes , qu’ils nous vendirenttout ce qu’ils avoient, jufqu’à leurs vêtemens & auxpagayes de leurs canots. Ils n’avoient que deux ar-mes faites de talc verd, d’une forme un peu appro-chante d’un battoir pointu , avec un manche court &des bords tranchans ; ils les appelaient Patou-patou :elles font très-propres pour combattre de près, carelles fendroient certainement d’un feul coup le crâne leplus dur. Malgré le courage que montrèrent ces In-diens en montant à bord , ils reflentirent pourtantquelques mouvemens de trouble & de crainte ; quandils furent revenus de ces premières impreffions , nousleur demandâmes des nouvelles de nos jeunes prifon-niers. Celui qui étoit monté le premier à bord répon-dit qu’ils étoient dans leurs habitations fains & faufs ;il ajouta que le récit qu’ils avoient fait de la bontéavec laquelle nous les avions traités, & des merveilles
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Ann. 17 69.Octobre.